Je ne sais pas si
vous avez suivi l'histoire des cantines de Grenoble mais certains aspects
méritent de s'y attarder. En bref, il s'agit pour la Ville, dans
un souci très légitime d'améliorer, comme on dit,
le service public, de fermer la cuisine Jean Bart, très vétuste,
et d'en transférer le personnel à la cuisine La Bruyère
pour confectionner les 5500 repas quotidiens afin de satisfaire écoles
et personnes âgées et ce, avant d'ouvrir la cuisine high-tech
pour 2007 vers le MIN.
Le hic, c'est que les salariés de Jean Bart bénéficiaient
d'une NIB, nouvelle bonification indiciaire, car ils travaillaient en
zone dite sensible, alors que ceux de La Bruyère n'en bénéficiaient
pas. D'où remous « cgtsyndical », les uns pour ne
pas perdre un avantage acquis, les autres pour en profiter et également
préserver les emplois car il est bien connu que quand on globalise
des effectifs, y'en a qui sont de trop. D'où négociations
après préavis de grève et pique nique d'une journée
dans les écoles.
Bon prince ou bonne princesse, la collectivité territoriale,
qui ne peut étendre la NIB à l'ensemble du personnel (car
la dénomination zone sensible est du ressort préfectoral),
transforme la dite prime en « indemnité différentielle
» et l'ensemble des salariés de la cantine La Bruyère
verra son SMIG amélioré de 40 à 50 ? mensuels.
Quant aux quelques sept postes initialement supprimés, on cause
actuellement redéploiement, reclassement, enfin on cherche une
issue disons plus sociale au désarroi de ceux qui restent sur
le banc de touche.
Jusque là, me direz-vous, rien de bien original. Une lutte syndicale
qui en rappelle bien d'autres mais le plus intéressant, ce sont
les commentaires de M. Jean-Luc Ducrocq, directeur général
adjoint de la Ville de Grenoble, en charge de la Jeunesse, Culture,
Sports, Education, etc.
En effet, après l'obtention de l'indemnité différentielle
par les salariés de La Bruyère, ce monsieur a évoqué
devant la presse "un risque de contamination auprès des
salariés d'autres services du secteur La Bruyère"..
« Contamination », joli vocable, n'est-il pas ? Ouvrez vite
votre petit Robert pour en avoir le coeur net. Edifiant, non ?
La cerise sur le gâteau, c'est que ce monsieur précise
également que "pour des villes équivalentes, 7 à
8000 repas sont confectionnés chaque jour avec un même
souci de qualité par 30 ou 35 salariés alors que la totalité
des effectifs sur Grenoble est de 55 !"
Que peut-on ou doit-on en déduire ? Faut-il dégraisser
fortement dans un souci de productivité maximale ou embaucher
des roumains car là, on est assuré de diminuer les coûts
de production d'au moins 60 %.
C'est-y pas beau le libéralisme à la grenobloise ?
Et dire que ce jour même, M. Avrillier, conseiller municipal vert,
dénonce une éventuelle collusion Carignon-Sarkozy pour
mijoter aux petits oignons un boulot de dans deux ans.
Autre chose tant
qu'on y est : y'a partout des « Forum pour l'Emploi ». Sonnez
trompettes, roulez tambours, le chômage régresse, la croissance
déboule avec son cortège de félicité, le
Medef est aux anges, enfin tout baigne . sauf que
-la moitié
des présentateurs de C.V. à ces « forum »
a au minimum un bagage bac + 4
-les grands secteurs de recrutement sont la grande distribution et l'hôtellerie,
reconnus pour leur savoir-faire en matière de précarisation
de l'emploi
-ces « forum » s'avèrent être un formidable
tremplin pour les boîtes d'intérim qui sont encore et toujours
en pleine expansion.
Conclusion : que pensez-vous du rapport Thélot ?
Ça continue,
pourquoi pas. Entendu à la radio : paraît qu'une femme,
persévérante au demeurant, après avoir collectionné
un nombre faramineux de CDD à la Poste, du guichet au vélo
en passant par l'entretien des bureaux, a assigné son employeur
devant les Prud'hommes pour obtenir enfin un CDI.. Eh bien, elle a gagné
! Mais on ne sait pas encore le poste qu'elle occupera. On peut toujours
essayer de deviner !
Une petite dernière
: Sarkozy a passé, comme chacun sait, ses vacances dans les Landes.
A cette occasion, revue des troupes. Il a rencontré les fonctionnaires
d'un hôtel des impôts et au cours de la conversation, il
leur a confié qu'il faisait, comme certains d'entre eux, du vélo
dans le coin. Il leur a aussitôt précisé que "s'ils
le croisaient, qu'ils ne s'avisent surtout pas de le dépasser
!"
Je n'ai pas résisté au plaisir de communiquer cette situation
problème à mes élèves de Cm 2 qui n'ont
mis que peu de temps à contester la validité de l'énoncé.
Schtroumpf grognon
source : liste
info Udas