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Propos recueillis au fil des jours...
 
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  Chronique...
Je m'informe, je m'informe...

Après lecture du tract par mes collègues, je l'affiche aux différentes entrées de l'école et devant ma classe où depuis quelques temps mes parents ont un choix de lectures intéressant.
Ils n'ont peut-être pas encore eu le temps de les apprécier et je les invite à la lecture.

Dans la matinée, l'équipe évoque le temps fort de mardi 27 ; oui encore un !
On va chercher les dernières infos sur Internet et la discussion s'ouvre à nouveau.
J'exprime mon intention d'être gréviste mardi et très rapidement, on reparle de tournante. Après ajustement, une collègue sera en grève avec moi, les deux autres assureront l'accueil des enfants. Rien de bloqué pour vendredi.

L'école a le temps de faire l'information : pour lundi, journée normale. On a une sortie au musée prévue de longue date. Pour mardi : deux classes grévistes sur 4. On en appelle à la solidarité pour que les parents s'organisent afin de ne pas surcharger les classes ouvertes et dépasser le seuil de sécurité. L'information est affichée en gros.

A la sortie de 16h30 je me poste devant la porte et demande, si possible à chaque parent, s'il a bien compris l'information qui est surchargée par celles concernant la restauration scolaire.
Je réaffirme que l'école a fait le choix de rester ouverte pour accueillir les enfants dont les parents travaillent et ne peuvent s'organiser.
Je réaffirme aussi notre souci de ne pas les prendre en otage afin de pouvoir compter sur leur compréhension et leur soutien.
J'annonce que je recenserai lundi les parents pour qui la grève du mardi pose un problème de garde.
Je rassure en disant qu'on trouvera une solution : accueil dans les autres classes si le nombre d'enfants concernés n'est pas trop lourd ou solidarité entre parents.

Une maman infirmière que je n'ai pas besoin de convaincre puisque je la rencontre aux manifs se propose pour accueillir deux enfants en plus des siens mardi.
Je n'ai pas pu parler à tous. Certains partent trop vite… Ils ont peut-être râlé dans le couloir...
J'en reparlerai lundi et je donnerai à chacun un texte ré expliquant notre lutte (la leur ?) et notre choix d'équipe.

Quelques parents m'ont demandé des photocopies de tracts qui sont affichés devant ma classe. Ils souhaitent pouvoir les lire tranquillement et en discuter en famille. Non, la demande n'était pas ironique. L'inquiétude existe et la volonté de comprendre aussi.
Une maman m'a remercié d'avoir une position d'école ouverte parce que c'est un casse-tête pour elle de faire garder son enfant. Elle se sent soulagée, ne se sent pas coincée. Mais je sais aussi qu'elle fera tout pour trouver une solution et me prouver qu'elle nous soutient. Nous la laissons libre de nous manifester sa solidarité.
Elle évoque le cas d'une maman et de son enfant qui depuis deux semaines se retrouvent devant la porte close de leur école après un trajet en bus. L'école en question a fait le choix de la grève reconductible, du soir pour le lendemain. C'est courageux ! Mais l'information est faite chaque matin sur le portail. Dans cette école, manifestement, la compréhension s'émousse !…

Je comprends que c'est un euphémisme.

L'exaspération n'a pas besoin d'être nourrie par des positions trop radicales qui nous éloignent de nos parents. Les médias sont là pour faire le gros du travail.
A nous de montrer que nous pouvons être mobilisés et à l'écoute.
L'écoute est indispensable si on veut continuer à pouvoir se parler.
Aujourd'hui, j'ai bien fait de venir travailler : les parents m'ont redonné le moral.

sofee


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