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Communiqué du PAS 38
Le 5 Février

Grenoble, le 5 février 2005


Objet : Préavis de grève pour défendre le droit à une formation continue de qualité


Monsieur l'Inspecteur

Nous vous avons adressé un préavis de grève pour ce samedi 5 février 2005. Nous nous en expliquons ici afin que les suivants ne vous surprennent pas.

Depuis quelques années, nous constatons une régression très nette du budget concernant la formation continue des enseignants du premier degré et nous nous en inquiétons. Nous l'avons à plusieurs reprises dénoncé au cours des conseils de formation passés et nos lettres sont restées le plus souvent sans réponse.

Pour nous, la formation continue est indispensable si nous voulons assurer la mission qui est la nôtre dans nos classes ou auprès des jeunes qui nous sont confiés. Or, nous constatons deux choses :
- un nombre et une variété de stages en très nette diminution depuis quelques années
- des catégories d'enseignants (enseignants spécialisés et titulaires remplaçants) qui, de fait, n'ont plus accès à cette formation continue, ne pouvant être remplacées que par des PE2.

Nous exigeons donc que notre administration assume totalement le rôle qui est le sien - et qu'elle revendique très fortement - dans l'élaboration d'un plan de formation qui devrait permettre à tout personnel de l'Education Nationale d'évoluer dans sa pratique professionnelle quotidienne. Parallèlement, et pour nous ce n'est pas un hasard, nous constatons que d'autres secteurs sont eux aussi en danger : l'adaptation et l'intégration scolaire, les projets culturels par exemple… Et, sur ces questions là, la nouvelle loi d'orientation est loin de nous rassurer.

Le PAS, depuis qu'il existe, a toujours revendiqué que ce plan de formation bénéficie d'une certaine ouverture.

Tout d'abord une ouverture à d'autres modes de formation que des stages de formation disciplinaire, afin de favoriser l'innovation pédagogique et le travail en équipe : visite de classe, participation à des modules d'analyse de la pratique, rencontre avec des mouvements pédagogiques… L'idée de " classes libérées ", que nous avons émise depuis longtemps sans écho allait dans ce sens. Il s'agissait de donner les moyens à des enseignants volontaires d'améliorer leurs pratiques et les modalités que nous avons exprimées alors allaient souplesse et rigueur. Mais l'administration ne les propose maintenant que pour des raisons liées à des carences budgétaires. Il faut " caser " en stage dans des écoles tous les PE2 de l'IUFM alors que le budget de formation ne permet plus de rémunérer suffisamment de formateurs ni de rembourser les frais de stage pour les enseignants libérant leurs classes. Le recrutement même des " postulants " à la libération se fait parfois dans l'urgence et sans transparence (le dernier appel fin janvier en est un exemple).

Nous souhaitons également une ouverture de ce plan vers des actes de formation telle que des colloques, des journées d'études, ainsi qu'à des formations universitaires permettant une évolution de carrière à l'intérieur de l'Education Nationale.
Ainsi, par exemple, au conseil de formation, le PAS a-t-il fait une proposition de " libérer " les collègues de l'AIS, qu'ils aient une classe ou non, afin de permettre en souplesse leur participation à des actes de formation très intéressants, sous forme notamment de colloques ou de journées d'étude spécifiques à l'AIS. Les modalités sont à définir, mais la base d'une semaine tous les deux ans n'est pas indécente.

Nous nous heurtons donc à la fois à un plan de formation très insuffisant et à une administration qui exprime systématiquement son refus en réponse à des demandes collectives (comme l'accès des maîtres E et G qui le demandent aux journées des psychologues) ou individuelles (comme l'accès à des formations conduisant à un diplôme), sans donner aux intéressés une quelconque explication… ce que nous percevons comme une atteinte à notre dignité d'enseignant.

Alors que, dans bien des cas, ces demandes ne remettent pas en cause la continuité du service, alors que l'existence de colloques et de journées d'étude à Grenoble, à Lyon ou ailleurs, est une chance que n'ont pas toutes les académies, il est pour nous inacceptable que des enseignants motivés, ne comptant ni leurs heures ni leurs frais, se voient privés d'un enrichissement professionnel ne pouvant qu'avoir des retombées positives sur leurs pratiques, dans l'intérêt du service public d'éducation.

Le PAS, a donc décidé de se lancer dans une action symbolique - et cependant pragmatique - que nous pourrions intituler " Je m'autorise à me former ".
Chaque fois qu'il sera utile de le faire, suite à une demande collective ou individuelle de formation, nous déposerons un préavis de grève pour permettre aux personnes concernées d'assister à leur formation, mais aussi pour interpeller notre administration, préavis après préavis, sur notre droit à une formation continue de qualité.

Nous espérons ainsi alerter tous les acteurs et bénéficiaires de la formation continue afin que d'autres orientations soient prises.

Nous vous adressons l'assurance de notre dévouement au service public d'éducation.


Pour le PAS 38


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